Il mesure un peu plus d’un mètre, roule sur quatre roues, manœuvre deux bras articulés et plie vos T-shirts. Jusque-là, un robot domestique de plus. Sauf que la société américaine Vulcan Robotics, fondée en octobre 2025 par Nick Maselli, a fait quelque chose de rare dans ce secteur. Elle a publié la totalité des plans de sa machine en accès libre : plans mécaniques, schémas électroniques, code, et jusqu’aux fichiers d’impression 3D, le tout sur ses dépôts GitHub, rapporte goodtech.info. Le robot s’appelle Sourccey. Les premiers exemplaires assemblés doivent être expédiés en septembre 2026. Et le prix ? Nulle part.

« Plans publiés », ça veut dire quoi exactement ?

Que le dossier complet est en ligne, en accès libre, sur des dépôts GitHub — la plateforme où les développeurs déposent et partagent leur code. On y trouve les plans mécaniques (la géométrie des pièces), les schémas électroniques (le câblage) et le code qui fait tourner l’ensemble. Y compris les fichiers STL, le format que lit une imprimante 3D : vous téléchargez, vous lancez l’impression, vous obtenez la pièce. Rien n’est gardé sous clé.

Ce qu’il sait plier

Sourccey est livré avec quatre modèles d’intelligence artificielle déjà entraînés, un par famille de vêtement : T-shirts, shorts, jeans, chemises à manches longues. Ce sont les quatre que le constructeur fournit ; ce qu’ils donnent dans un vrai salon, sur un vrai panier de linge, n’est documenté nulle part. Le périmètre est étroit, mais il est net.

Et pour tout le reste ? C’est vous qui pilotez

Pour apprendre à Sourccey un geste qui n’est pas dans les quatre modèles fournis, on ne lui « explique » rien : on le téléopère soi-même. Autrement dit, un humain prend les commandes et fait faire le mouvement au robot. Deux façons de s’y prendre : des bras de commande jumelés, qu’on manœuvre à la main et que le robot reproduit, ou un casque de réalité virtuelle Meta Quest.

Pendant cette phase, la machine ne décide rien du tout. Elle exécute. Ce sont vos gestes, enregistrés, qui servent ensuite de matière première pour entraîner un modèle personnalisé. Le format retenu est celui de LeRobot, l’ensemble d’outils de robotique de Hugging Face — la grande plateforme de partage de modèles d’intelligence artificielle. Le modèle que vous fabriquez dans votre salon parle donc la même langue que ceux des autres.

De quoi est-il fait ?

La structure et l’habillage s’impriment chez soi, en PLA — le plastique le plus courant en impression 3D — sur une imprimante 3D de bureau : chez le constructeur, une Bambu P1S. Tout le reste s’achète : la carte, les capteurs, les caméras, les roues. Et personne n’a publié la facture totale.

  • Taille et poids : 1 030 mm de haut pour 15,88 kg, avec une empreinte au sol de 414 mm de diamètre — 41,4 cm, la place d’un petit guéridon.
  • Cerveau : une carte Raspberry Pi 5, le mini-ordinateur grand public.
  • Déplacement : quatre roues omnidirectionnelles Mecanum, qui permettent d’aller dans toutes les directions.
  • Bras : deux, avec cinq degrés de liberté chacun — cinq axes de mouvement — plus une pince.
  • Perception : un LiDAR à 360 degrés — un capteur qui mesure au laser les distances tout autour de lui — et quatre caméras.

Combien ça coûte ?

Personne ne le sait, et c’est le trou béant de cette annonce. Aucun prix de vente n’est publié pour le kit, c’est-à-dire la version en pièces détachées à monter soi-même. Aucun coût de nomenclature non plus — le total des pièces, ce que vous dépenseriez pour tout acheter et tout imprimer vous-même. Ni sur le site de Vulcan Robotics, ni sur sa page de spécifications, ni dans les articles qui rendent compte de la publication. Le calendrier annoncé, lui, est daté : premières expéditions de robots assemblés en septembre 2026.

Est-ce que ça me concerne ?

Si vous cherchez un appareil à brancher et à oublier, pas encore : sans prix annoncé et avec quatre gestes au catalogue, ce n’est pas de l’électroménager. Si vous avez une imprimante 3D et l’envie de mettre les mains dedans, en revanche, oui — et c’est bien l’intérêt de l’affaire. Tout est lisible et téléchargeable : vous pouvez inspecter le code, regarder comment chaque pièce est dessinée, imprimer la vôtre.

Il y a une autre raison de s’y intéresser, quel que soit votre niveau : quand les plans d’un robot domestique sont posés sur la table, on peut vérifier ce qu’il fait vraiment. Combien de caméras, quel capteur, quel geste appris et par qui. Sur Sourccey, la réponse est écrite noir sur blanc : quatre modèles fournis pour quatre sortes de vêtements, et pour tout le reste, un humain aux commandes.