À Shijingshan, à Pékin, l’air est épais. Cent robots humanoïdes se meuvent dans une école de plus de 10 000 mètres carrés. Ce n’est pas une usine. C’est une salle de classe. Une grappe de collecte y produit 29 000 heures de données par an (The Business Times). Les machines apprennent. Pas à produire. À exister.

Combien coûte un ouvrier, combien coûte un robot

Regardez votre fiche de paie. Selon l’institut de recherche chinois Guotai Securities, un travailleur humain coûte environ 80 000 yuans par an (Corriere della sera). C’est le prix de votre temps, de votre fatigue, de vos erreurs.

Mais les robots ne sont pas encore là. Le prix réel des robots humanoïdes industriels est généralement compris entre 300 000 et 500 000 yuans (Corriere della sera). Morgan Stanley estimait à environ 200 000 dollars le coût d’un humanoïde en 2024 et prévoit 50 000 dollars en 2050 (Corriere della sera). La courbe descend. Lentement. Mais elle descend.

Le petit robot G1 de Unitree coûte 13 500 dollars (Corriere della sera). C’est le prix d’une voiture d’occasion. Les humanoïdes destinés à l’industrie en Chine coûtent environ 45 000 à 75 000 dollars (Corriere della sera). La différence est abyssale. Et le second, lui, doit encore prouver qu’il vaut son pesant de métal.

L’école qui ne dort jamais

À Shijingshan, le centre de formation de données pour robots humanoïdes est en service depuis septembre 2025 (The Business Times). C’est actuellement la plus grande école de robots de Chine (The Business Times). Deux cents millions de yuans ont déjà été investis dans les trois premières phases (The Business Times).

Pourquoi tant d’argent ? Parce que les bras ne suffisent pas. Selon Interact Analysis, au moins 90 centres de collecte et de formation de données pour robots humanoïdes étaient en service, planifiés ou en construction en Chine à la fin d’avril 2026 (The Business Times). La course n’est pas à la fabrication. Elle est à l’apprentissage. Chaque heure de données est une brique dans le cerveau de la machine.

Le centre de Shijingshan dispose actuellement de 100 robots humanoïdes (The Business Times). La grappe de collecte produit 29 000 heures de données par an (The Business Times). C’est peu. C’est beaucoup. C’est le début.

La faim des données

Yao Maoqing le dit sans détour : l’intelligence incarnée nécessite au moins des dizaines de millions d’heures, et potentiellement des centaines de millions d’heures, de données avant son déploiement pratique (The Business Times). Le volume total de données physiques d’interaction réelles de haute qualité disponibles à l’échelle mondiale s’élève actuellement à seulement quelques centaines de milliers d’heures (The Business Times).

Il manque des millions d’heures. Des millions. Les robots ont des bras, des jambes, des capteurs. Ils n’ont pas de mémoire. Pas de vécu. Pas de sens commun. Ils doivent tout apprendre. Tout. Du geste le plus simple au regard le plus complexe. Et chaque heure apprise coûte de l’argent. De l’électricité. De l’espace. Du temps.

Demain peut-être, le robot ne coûtera plus 500 000 yuans. Peut-être 160 000. Peut-être moins. Mais tant que l’école de Shijingshan n’a pas fini de construire, le robot restera un élève. Et l’élève, lui, ne remplace pas encore le maître. Il l’observe. Il apprend. Il attend.

Et si le robot manquait surtout de données, pas de bras ? Et si votre poste, demain, ne dépendait plus de votre salaire, mais de la vitesse à laquelle une machine apprend à vous ressembler ?